Archive for Les jours de la semaine [vrac]

Vingt-cinq

Il y a quelque chose de maternel dans l’amour des femmes.
Aujourd’hui, cette date symbolique me rappelle que même si tu grandis chaque jour à m’en faire exploser le coeur de fierté, même si l’enfance en toi me séduit autant, tu es un homme. Peut-être grâce à cela, justement.
Je suis reconnaissante à chacun de ces jours d’avoir fait de toi qui tu es.
Si tu n’aimes pas les dates, j’aime les rituels, et je suis heureuse de passer ton anniversaire à tes côtés.

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3h37

3h37. L’insomnie, ma compagne aléatoire, me rend visite, malgré le talisman de son tee-shirt comme oreiller. Il faut croire que son odeur s’était évaporée, que je l’avais usée toute à trop y chercher un abri.

 3h39. Ne pas lutter, ne pas se lever. Attendre. Une demi-heure. Une heure. Respirer par le ventre ; ne pas penser que, loin de moi, quelqu’un tente de trouver le repos dans l’abrutissement des somnifères et des médicaments qui l’empoisonnent peut-être davantage qu’ils ne la sauvent.

 4h50. Céder, et lire un peu. Un polar sanglant. Tant pis. Ne toujours pas se lever, car sinon, à l’heure d’aller travailler, le découragement et la fatigue en feront une excuse. Se rendormir, tout de même, un peu.

 6h20. Sonnerie du réveil. Eteindre. Se lever, se doucher, s’habiller. Faire un peu trop de bruit, un peu trop de va et vient, mettre de l’eau froide dans son thermos, pester, mettre du thé chaud à la place. Préparer à la va-vite le repas du midi, hésiter à refermer la porte à clé, se souvenir que la coloc n’a pas les siennes, laisser ouvert.

 6h45. Filer à la gare en vélo pour la première fois, éviter les balayeuses apparemment aveugles, les contresens, louvoyer entre les piétons heureusement rares, piétiner aux feux rouges. Arriver en nage, attacher le vélo devant la gare.

 7h12. Dans le ventre ronronnant du train, essayer de se rendormir malgré la migraine. Pourquoi est-ce par les matins maussades que les gens me heurtent de leurs sacs ou de leurs coudes dans leurs va-et-vient ?

 8h33. Dernier arrêt avant le mien, un coup de manche sur la paupière me réveille. J’ai froid, je m’emmitoufle dans mon foulard, dégaine mon thermos, prend mon petit déjeuner – muesli, fromage blanc fermier, confiture et fruits secs. Dans dix minutes je serai sur le parvis de la gare et la journée sera officiellement commencée.

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Mon quotidien (une dose, en vrac)

Il paraît qu’ici, je ne parle pas vraiment de mon quotidien. Cela me laisse un peu songeuse. J’ai l’impression d’être très intime dans ce que je livre ici, de souffler ces mots très près de moi.

Il est vrai que, si vous ne m’avez jamais vue, peut-être suis-je difficile à deviner. Tout de même, mon âge, vous le connaissez, le métier que je fais, l’amour que je vis, les combats que je tente. Une bonne partie de mes névroses et de mes farfeluteries aussi !

Ce matin, l’air pourtant doux de la ville portait sur mes lèvres une promesse d’hiver, comme si déjà le givre se préparait sous un déguisement d’été indien. J’ai acheté un thermos et j’emmène partout avec moi un peu du douillet du petit déjeuner. Tout à l’heure, je l’ai oublié à un de mes lieux de travail et je trouve d’avance difficile de m’en passer demain.

Je suis tentée, parfois, de ne dire que des choses importantes. Pas ici seulement, toujours. De ne plus jamais ouvrir la bouche pour une parole qui ne sonnerait pas exactement juste à mes oreilles, à ce moment précis. Mais je suis bavarde et j’aime la jasette, la mienne et celle des autres, les confidences de la boulangère, les mille tracas dérisoires ou engouements de mes collègues, le récit des journées comme les autres. Il n’y a eu que quelques fois, avec un seul être, qui se reconnaitra peut-être ou peut-être pas, que j’ai effleuré cette grâce ambigüe de ne dire que le nécessaire, et pas plus, et au moment exact de son éclosion.

Tout à l’heure, un jeune homme de mon âge, et prof comme moi, m’a retenue pendant presque une heure pour ne rien me dire ou presque. Puis, alors que depuis un quart d’heure je lui répondais en retenant la porte que j’avais cru pouvoir fermer sur moi en partant, il s’est excusé très brusquement et s’est quasiment sauvé. Un mystère … peut-être était-il envoyé par des services très secrets pour me retenir en salle des profs alors que quelque chose d’absolument dingue se passait dehors ? D’ailleurs, en traversant l’immense parc qui sert de cour à mes chanceux élèves, j’ai trouvé un badge « Say no to drugs ». C’est sûrement un indice, mais de quoi ?

Je sais bien que ce blog a changé de visage depuis que je l’ai repris. Je ne sais pas vraiment s’il me plaît davantage ainsi, mais d’une part, ce n’est pas très important (ce n’est qu’un blog, qui n’a aucune autre prétention que de me faire plaisir, ou de me défouler, ce genre de choses), et d’autre part, c’est qu’il coule de cette façon. Même si cela m’ennuie un peu qu’il soit aussi orienté vers mon nombril (mes plus vieux lecteurs se souviendront d’une photo …), même si je me rends bien compte qu’il crée moins de contacts, d’échanges qu’avant et que certains de ceux-ci me manquent un peu, il s’agit bien ici d’un blog sans vocation qui ne fait que raconter ce qui lui passe par ma tête.

L’homme que j’aime et moi parlons de vivre ensemble à la rentrée prochaine. C’est inattendu, et à vrai dire sûrement irréalisable, mais c’est désaltérant de songer ce songe. Il s’est coupé les cheveux et ça lui va bien. Il ressemble davantage à son petit frère ainsi, et pourtant son visage quitte un peu plus l’enfance quand mes doigts ne s’accrochent plus dans ses boucles .

A voir …

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Billet fâché avec les chiffres et la logique

Un peu comme Chulie, mais pas pareil.

A l’approche de mes 25 ans, soudain, je me suis sentie vieille. Mille hivers pesaient sur mes épaules. J’étouffais sous trop d’hibernation, trop de cris ravalés, de pleurs séchés sur l’oreiller avant le réveil. A 25 ans j’ai fui, et pendant un an mon âge m’a poursuivi comme une bête fureteuse et entêtée, à coup de  » déjà manqué », de « bientôt trop tard » …

Aujourd’hui, j’ai 26 ans. J’ai rencontré des enfants avec dans les yeux plus de vies que les chats, plus d’années de bohème que les chansons, autant d’expérience que les arbres. J’ai fait des folies et inventé des sagesses. J’ai tout risqué sans rien miser, c’est moi que j’ai posée, nue, sur la table.
Je me sens très jeune, très vulnérable et très forte.

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easy as a kiss we’ll find an answer …

Tu avais raison. Il n’y a pas de cri assez juste pour ma gratitude, pas de mots pour ce que je te dois.
Avec toi j’ai appris que mes manques, que même ce manque-là, irréparable, ne m’amputaient pas, ne m’empêchaient pas d’être entière, d’être moi.
Pourquoi est-ce toi qui m’a enseigné cela ? Ce n’était pourtant pas l’amour, ni la sincérité de leur soutien, qui faisaient défaut dans mon entourage.
Tu es aussi ce mystère qui t’a permis de me sauver sans l’avoir voulu.

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Billet pratique

Pour cause de vacances bien mûres, mon accès à Internet est limité … Désolée de ne pas répondre pour le moment à vos commentaires – Milanou et Anna … juste merci, mais alors un très grand merci gorgé de la chaleur de votre amitié, et ce n’est pas rien !

Même chose pour ceux qui me mailent …

Sûrement un billet par ci par là durant l’été, mais surtout, rendez-vous en septembre ! Que la saison vous soit fructueuse …

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Billet furieux

J’éclate ma colère, je fracasse mon chagrin, quand tout sera dévasté, il ne restera que moi.

Ne m’approchez pas, je vous ferais mal. J’ai besoin d’être mauvaise, je mords la chair qui dépasse, elle se déchire sous mes dents. Ma fureur me dépasse, déplace les limites de mon corps : immense soudain, j’enflamme tout ce à quoi je tiens, je le hache, le brise contre mes blessures.

Seule je me livre au combat, non plus contre ma rage mais en elle, je la laisse m’emporter, me guider.  Son enivrement est  de ceux dont on se réveille le coeur en miettes. Au moins aurai-je été grise de quelque chose.

De très haut, un oiseau à l’oeil froid observe le tumulte.

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