3h37

3h37. L’insomnie, ma compagne aléatoire, me rend visite, malgré le talisman de son tee-shirt comme oreiller. Il faut croire que son odeur s’était évaporée, que je l’avais usée toute à trop y chercher un abri.

 3h39. Ne pas lutter, ne pas se lever. Attendre. Une demi-heure. Une heure. Respirer par le ventre ; ne pas penser que, loin de moi, quelqu’un tente de trouver le repos dans l’abrutissement des somnifères et des médicaments qui l’empoisonnent peut-être davantage qu’ils ne la sauvent.

 4h50. Céder, et lire un peu. Un polar sanglant. Tant pis. Ne toujours pas se lever, car sinon, à l’heure d’aller travailler, le découragement et la fatigue en feront une excuse. Se rendormir, tout de même, un peu.

 6h20. Sonnerie du réveil. Eteindre. Se lever, se doucher, s’habiller. Faire un peu trop de bruit, un peu trop de va et vient, mettre de l’eau froide dans son thermos, pester, mettre du thé chaud à la place. Préparer à la va-vite le repas du midi, hésiter à refermer la porte à clé, se souvenir que la coloc n’a pas les siennes, laisser ouvert.

 6h45. Filer à la gare en vélo pour la première fois, éviter les balayeuses apparemment aveugles, les contresens, louvoyer entre les piétons heureusement rares, piétiner aux feux rouges. Arriver en nage, attacher le vélo devant la gare.

 7h12. Dans le ventre ronronnant du train, essayer de se rendormir malgré la migraine. Pourquoi est-ce par les matins maussades que les gens me heurtent de leurs sacs ou de leurs coudes dans leurs va-et-vient ?

 8h33. Dernier arrêt avant le mien, un coup de manche sur la paupière me réveille. J’ai froid, je m’emmitoufle dans mon foulard, dégaine mon thermos, prend mon petit déjeuner – muesli, fromage blanc fermier, confiture et fruits secs. Dans dix minutes je serai sur le parvis de la gare et la journée sera officiellement commencée.

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3 commentaires »

  1. Anne said

    Je crois qu’ils nous cognent aussi les autres matins, mais que la relative meilleure humeur fait qu’on y est comme… accoutumées, ou moins sensibles…

  2. Pas said

    Et puis, la fatigue fait parfois que c’est toi qui te cognes dans leurs sacs et dans leurs coudes … Marcher au radar n’a jamais été prouvé comme vraiment efficace 😉

    Va faire un tour sur mon blog 🙂

  3. zelda said

    Anne : Ben écoute, j’aurais tendance à être d’accord, sauf que cette fois-là, je devais avoir en plus une mauvaise accointance statistique … (Ca ne veut rien dire, mais tu comprends, d’accord ?)

    Pas : Je marche pas dans le train, je reste assise :p

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