Mon quotidien (une dose, en vrac)

Il paraît qu’ici, je ne parle pas vraiment de mon quotidien. Cela me laisse un peu songeuse. J’ai l’impression d’être très intime dans ce que je livre ici, de souffler ces mots très près de moi.

Il est vrai que, si vous ne m’avez jamais vue, peut-être suis-je difficile à deviner. Tout de même, mon âge, vous le connaissez, le métier que je fais, l’amour que je vis, les combats que je tente. Une bonne partie de mes névroses et de mes farfeluteries aussi !

Ce matin, l’air pourtant doux de la ville portait sur mes lèvres une promesse d’hiver, comme si déjà le givre se préparait sous un déguisement d’été indien. J’ai acheté un thermos et j’emmène partout avec moi un peu du douillet du petit déjeuner. Tout à l’heure, je l’ai oublié à un de mes lieux de travail et je trouve d’avance difficile de m’en passer demain.

Je suis tentée, parfois, de ne dire que des choses importantes. Pas ici seulement, toujours. De ne plus jamais ouvrir la bouche pour une parole qui ne sonnerait pas exactement juste à mes oreilles, à ce moment précis. Mais je suis bavarde et j’aime la jasette, la mienne et celle des autres, les confidences de la boulangère, les mille tracas dérisoires ou engouements de mes collègues, le récit des journées comme les autres. Il n’y a eu que quelques fois, avec un seul être, qui se reconnaitra peut-être ou peut-être pas, que j’ai effleuré cette grâce ambigüe de ne dire que le nécessaire, et pas plus, et au moment exact de son éclosion.

Tout à l’heure, un jeune homme de mon âge, et prof comme moi, m’a retenue pendant presque une heure pour ne rien me dire ou presque. Puis, alors que depuis un quart d’heure je lui répondais en retenant la porte que j’avais cru pouvoir fermer sur moi en partant, il s’est excusé très brusquement et s’est quasiment sauvé. Un mystère … peut-être était-il envoyé par des services très secrets pour me retenir en salle des profs alors que quelque chose d’absolument dingue se passait dehors ? D’ailleurs, en traversant l’immense parc qui sert de cour à mes chanceux élèves, j’ai trouvé un badge « Say no to drugs ». C’est sûrement un indice, mais de quoi ?

Je sais bien que ce blog a changé de visage depuis que je l’ai repris. Je ne sais pas vraiment s’il me plaît davantage ainsi, mais d’une part, ce n’est pas très important (ce n’est qu’un blog, qui n’a aucune autre prétention que de me faire plaisir, ou de me défouler, ce genre de choses), et d’autre part, c’est qu’il coule de cette façon. Même si cela m’ennuie un peu qu’il soit aussi orienté vers mon nombril (mes plus vieux lecteurs se souviendront d’une photo …), même si je me rends bien compte qu’il crée moins de contacts, d’échanges qu’avant et que certains de ceux-ci me manquent un peu, il s’agit bien ici d’un blog sans vocation qui ne fait que raconter ce qui lui passe par ma tête.

L’homme que j’aime et moi parlons de vivre ensemble à la rentrée prochaine. C’est inattendu, et à vrai dire sûrement irréalisable, mais c’est désaltérant de songer ce songe. Il s’est coupé les cheveux et ça lui va bien. Il ressemble davantage à son petit frère ainsi, et pourtant son visage quitte un peu plus l’enfance quand mes doigts ne s’accrochent plus dans ses boucles .

A voir …

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