Archive for avril, 2007

Souriante

Il suffit de demander … dans mon dernier billet, j’évoquais ma nostalgie de « la bande », ce groupe d’une petite dizaine de personnes qui fait que l’on se sent chez soi là où ils sont.

Depuis, j’ai rencontré ici une petite dizaine de gens qui, tous inconnus, sont devenus en quelques soirées une petite troupe tout à fait cohérente et amicale … Plus quelques autres, qui viendront s’y greffer bientôt.

Pour quelques heures, autour de quelques verres, avec force rires et conversations animées, je retrouve le sentiment d’appartenance et de légèreté de mes seize ans (Lucas en moins).

Il suffit de demander …

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Tentée

Périodiquement, je suis titillée par l’envie de retourner en haut à droite.

J’ai vécu vingt ans (dont dix-sept ans de pluie) là-bas. Maintenant, j’y remonte à Noël, une fois aux grandes vacances (si quelqu’une se marie), et à l’anniversaire de ma mère, un an sur deux. Voilà, en gros, je me fends de trois visites par an.

Et pourtant, beaucoup sinon tous sont là-bas. Ceux que je perds de vue à force de ne pas les voir et de si peu les appeler : ma tante, mes cousins, Muscat, Bonnie, Guillaume … Ceux qui sont encore et toujours là malgré tout : ma mère, AmourdePouline, leTaffreux … Ceux qui comme moi n’y sont plus mais y reviennent quand même, bien plus que moi : Fredou, mon amie d’enfa(n)ce, les couples parisiens, les exilés volontaires …

J’aime cette ville, intensément. Mais ce que ça peut être dur, parfois, de se sentir si peu enracinée, de n’avoir personne de vraiment intime chez qui se réfugier quand le cafard approche.

Des potes, des copains de sortie ou de discussion, j’en ai. Les soirées solitaires, je les choisis : mais je les passe seule non parce que je n’ai envie de voir personne, mais parce que j’aimerais pouvoir aller chez quelqu’un sans même avoir à parler. Mais ce genre de chose ne se construit qu’avec le temps. Et avec moi, avec beaucoup de temps, des années – une dizaine à peu près.

Alors quand la sacro-sainte fête de famille pointe son nez, et qu’une fois de plus j’en suis absente ; et qu’à côté de ça mes amitiés nouées ici m’apparaissent soudain comme un panier de crabes où chacun dit du mal du tiers ou du quart absent … je me demande pourquoi je m’acharne à essayer de retricoter ici ce qui existe déjà là-bas.

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Nostalgique

Il y a quelques jours j’ai redécouvert (dans une bande dessinée de Sfaar, grâces lui en soient rendues au plus haut des phylactères) ce poème de Prévert :

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le noir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l’été

Et quel étonnement de continuer (je n’avais jamais appris qu’une poésie tronquée) :


Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

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Gonflée (et penaude)

(Ceci est une lettre que j’ai imaginée écrire pour Sa Sérénissime Morue. N’ayant pas l’audace nécessaire pour lui envoyer, je me sert éhontément du Ouébe.)

Très chère Morue,

Oui, je sais, tu es énervée. Ca fait des mois que je ne donne pas de nouvelles, pas un textotito, pas un petite lettrounette, même pas un coup de bigophone ou un mail de rien du tout, et voilà que je débarque avec mes gros sabots en forme de « Très chère Morue ». Je te vois froncer les sourcils, arrête donc, t’es plus jolie quand tu souris. Tu es énervée, donc, et force est de reconnaître que tu as quelques raisons de l’être : je t’ai lâchement abandonnée (non sans avoir sifflé un peu de ton muscat au baptême de ta fille) avec une enfant en bas âge. C’est mal de ma part, dis-tu, et c’est pas comme ça que je vais gagner mes galons de marraine criquette – ah tout de suite tu tentes de me culpabiliser …

Et si je te signale, Ta Sérénissime, que tu n’es pas la seule à avoir subi ce sort, mais que tous, amis, parents, alliés, ont été délaissés depuis bien des mois, tu vas te rebiffer et me répondre que tu n’es pas n’importe qui pour être mise dans le même panier que tous. Bien sûr tu n’as pas tort, mais ce n’est pas juste envers mes Tous, ce que tu dis, qui eux non plus n’entrent dans aucun panier. Grand bien leur fasse s’ils acceptent ce traitement, lances-tu … Toi, tu te connais plus de valeur.

Mais là, Ta Grandeur, ma loyauté à ton égard surpasse ma modestie devant ton Excellence, et je dois te rappeller que je ne suis pas n’importe qui, non pluche. Que je suis même à ce jour ton unique chance un peu sérieuse que ta boîte d’éditions remporte un Goncourt.

Alors merde, si c’est pas pour moi que tu me pardonnes, fais-le pour l’art. Et le fric.

Je vous embrasse fort tous les trois.

zelda

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Neuve

Moi et devient Les émois de zelda

Mais pourquoi cette interruption de plusieurs mois ? Je croyais que seule une trop grande douleur pouvait me faire taire.

Surprise : le bonheur fou aussi peut être silencieux.

A présent, non moins heureuse mais de nouveau bavarde, je reviens.

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