Archive for mars, 2007

Elle

est allongée dans ma chambre.

Elle m’a l’air si petite et fragile. J’ai toujours peur quand je l’entends renifler, qu’elle soit en fait au bord des larmes.

Elle est maladroite et aimante et égocentrique et impitoyable et généreuse et elle a les yeux bleus.

Je deviens une femme, elle s’enlise à la lisière de la vieillesse.

Elle est ma mère.

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Omnivore

Dans le billet précédent, je disais, sous forme de boutade, être carnivore. C’est faux, évidemment : je suis omnivore. Je mange du végétal et de l’animal. Des plantes et des bestioles.

La ligne simple s’agite (et que j’aime ce bouillonnement) ces derniers temps sur la question de l’alimentation en général et du végétarisme en particulier. Beaucoup se sont émus des conditions d’élevage et d’abbatage des animaux que l’on mange.

Ca va sans dire – mais ça va mieux en le disant – je respecte tout à fait le choix du végétarisme. J’explique simplement pourquoi il n’est pas le mien.

A la lecture de ces billets sur différents blogs, puis d’articles et de fils sur mes forums préférés, plusieurs raisons d’être végétarien surgissent.

Par goût, tout d’abord, ou par dégoût (ou mauvaise digestion) de ce qui est carné. Ma foi, c’est une raison que je peux comprendre, mais que je ne partage pas.

Par raisonnement écologique, parce que l’élevage d’une bestiole destinée à être mangée “consomme” énormément – elle mange la bestiole, et la production de ce qu’elle mange pollue le plus souvent, et en plus on pourrait nourrir des humains avec ce qui la nourrit. C’est un argument auquel je suis sensible, et une des raisons qui me pousse à diminuer ma consommation de viande. Néanmoins il me semble – je recherche des études chiffrées, si vous en avez sous le coude – que les problèmes de malnutrition ou de dénutrition ne proviennent pas d’une faiblesse de la production de nourriture, mais d’un problème de gaspillage et de répartition. Autrement dit, j’imagine (peut-être à tort, et dans ce cas dites-le moi) que si l’on répartissait équitablement entre tous les humains les “ressources comestibles”, chacun aurait droit à son bout de viande.

Par un sentiment de sacré envers la vie – qui rendrait sacrilège de tuer pour manger. L’argument qui m’est le plus étranger je pense. En “léger” cela donne les “sarcophages”, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent manger de la viande que si elle ne fait pas penser à l’animal d’où elle provient (donc pas de poisson entier ni de tête de veau … par exemple). En plus approfondi, ça peut mener au végétarisme (refus de manger de la chair animale), ou au végétalisme (refus de toute alimentation d’origine animale), ou au véganisme (refus de porter du cuir par exemple). Bon, là-dessus, j’ai le même sentiment de sacré devant une ortie ou un trèfle que devant un poussin. Et je m’inscris dans une chaîne alimentaire, comme un autre animal.

J’ajoute que dans ce cas, il me semble que la cohérence c’est d’aller jusqu’au véganisme, ce qui me semble bien compliqué – ce qui n’est bien sûr pas un argument pour ne pas le faire, si ce sont réellement vos valeurs. Bonne chance sur cette voie que je devine difficile si c’est votre cas …

Par refus de cautionner des méthodes d’élevage et d’abattage cruelles. Cela me semble tout à fait sensé. Je me souviens d’un témoignage de Pierre Rabhi, racontant sa visite à un éleveur de cochons, fier de présenter une méthode de sanglage de la truie qui permettait à tous ses petits de se nourrir en même temps, tout en la ligotant à quelques cm au-dessus du sol et en l’empêchant de toucher ses petits. J’avais été choquée de me rendre compte qu’il fallait que l’auteur insiste sur cette souffrance animale pour que je la voie.

Je ne nie pas que contrairement aux autres animaux nous avons une conscience et donc une responsabilité dans notre implication dans la chaîne alimentaire. Je ne refuse pas de manger de la chair animale (ni de m’en vêtir) ; par contre je refuse tout mauvais traitement, tout gaspillage et toute souffrance animale inutile. Comment ? Pour le moment, juste – et j’ai conscience que c’est léger – en choisissant où j’achète ma viande, en me renseignant sur la façon dont sont traitées les bestioles.

Je suis cavalière depuis quinze ans, j’ai grandi à la campagne, j’ai eu des lapins domestiques – non destinés à la consommation, mais vivant dans le jardin – j’ai trait des vaches … Contrairement à de nombreux cavaliers – c’est relativement récent – l’idée de manger de la viande équine ne me révulse pas. Par contre, par une réaction un peu primaire de “proximité” avec la bestiole, j’aurais besoin d’être davantage rassurée sur les conditions de vie et de mort d’un cheval que pour un porc ou une vache (pourtant j’aime bien les vaches) (mais j’ai peur des cochons). Alors il me semble que pour moi, l’aboutissement ultime de la mise en pratique de mes valeurs ne m’amènerait pas au végétarisme mais à manger des bestioles que j’élèverais. Même si l’idée de mettre à mort puis de manger une bestiole que j’aurais caressée ne m’est pas encore vraiment familière, elle me paraît rationnellement plus sensée que celle de manger de la viande sous plastique d’un animal élevé “hors sol” et qui n’a jamais vu le jour …

Mon chat me regarde bizarrement …

Voilà, j’ai conscience de ce que cette idée peut avoir de dérangeant – mais la dissidence est un joli mot ) Soyez sûrs en tous cas qu’il ne s’agit pas dans cet article de jugement, mais d’une réflexion en cours et sans doute maladroite.

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Comment je mange plus pareil

Si on m’avait dit, il n’y a serait-ce que trois mois, que :

_ je réduirais ma consommation de viande (au sens large) à deux ou trois prises par semaine, moi pour qui un repas a toujours été composé autour d’une viande (ou un poisson ou des oeufs).

_ j’aurais diminué de moitié (au moins) ma consommation de produits laitiers : plus de yaourts, beaucoup moins de boissons à base de lait, et du fromage en quantité limitée

… et qu’en plus je n’aurais pas fait cela suite à une décision, ou pour suivre une résolution, mais très naturellement, au point de m’en rendre compte plusieurs semaines après ce changement, je ne l’aurais pas cru. Chuis une carnivore, moi, d’abord !

Et pourtant, cela s’est fait, en douceur. Parce que j’ai “rencontré” (souvent virtuellement) des gens pour qui la viande n’est pas une composante incontournable d’une bonne assiette, et que j’ai compris que je ne mangeais pas de la viande à tous les repas par besoin ni même par envie mais par pure habitude.

Parce que je n’ai pas de frigo dans mon logement de fonction, ce qui fait deux jours par semaine où par commodité je mange plutôt des légumes et des fruits – plus faciles à transporter.

Parce que je n’achète vraiment plus “tout prêt” (ce que je n’ai jamais beaucoup fait cela dit) et surtout que je n’achète plus en supérette ni en supermarché. Donc ma viande, je l’achète chez le boucher, et les oeufs et le fromage à la crémerie du marché ou au magasin bio, c’est-à-dire quand j’en ai réellement besoin/envie ; et non en prévision de manger ces produits un jour (ce que je faisais avant – et je ne jetais pas, mais je mangeais sans doute souvent “pour ne pas gâcher”). Et que, du coup, je le fais pas quotidiennement – plutôt deux fois par semaine.

Parce que, globalement, mon rapport à la nourriture est en train de changer. “Avant”, je me supposais une digestion paresseuse et capricieuse, sans davantage y prêter attention. Depuis peu, j’identifie (sans avoir décidé de le faire, là encore cela est venu “tout seul”) les aliments qui me troublent l’estomac : carottes crues, noix, noisettes et assimilés, lait.

Et puis je me suis rendue compte que je mangeais bien plus qu’à ma faim, de façon générale. Que mon corps a besoin de bien moins que ce que je lui procure – et qui ne lui fait pas que du bien, loin de là.

Alors voilà, j’ai changé au point d’envisager – cette fois c’est une démarche volontaire – un changement drastique dans ma manière de m’alimenter, sans volonté esthético-modeuse à la clé. Entre autres, je considère autrement la pratique du jeûne (même si je ne suis pas encore passée à l’acte) ; j’essaie de ne manger que lorsque j’ai faim, et non parce que c’est l’heure du repas, et de m’arrêter dès ma satiété, même si elle intervient très vite, sauf en cas de repas convivial ; je m’autorise donc à sauter des repas et à manger en-dehors des repas … et nous verrons ce que ça donne.

Demain, un billet sur pourquoi tout cela ne m’amènera pas, il me semble, vers le végétarisme ; et comment les échos du documentaire sur les méthodes d’abbattage dont il est beaucoup question en ce moment sur la ligne simple me poussent à envisager de manger mon lapin (plutôt que d’arrêter la viande).

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Peut-être

 

Toi, l’ami du silence, le casanier, le presque sauvage, le généreux blessé, le solitaire, l’entier tout seul, le magnifique méfiant.

Moi, la championne de l’intimité, la militante du couple, l’amoureuse de la routine, la fusionnelle par choix, la volubile par peur, celle qui caresse et enveloppe.

Et un jour, hier, à mi-chemin de ces deux extrêmes, un nous devient possible.

La véritable intimité est celle qui permet de rêver ensemble avec des rêves différents”. Jacques Salomé

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