Archive pour octobre 15, 2007

Késaco couchsurfing ?

Imaginez une façon de voyager où l’on découvrirait un pays par le regard de ses habitants.

Où on ne se contenterait pas d’aller au restaurant pour découvrir la gastronomie du coin, mais où, d’une part, on irait au restaurant de quartier, connu seulement des indigènes, et puis pour complèter on ferait ses gnoccis avec une mère de famille selon la recette de sa propre grand-mère.

Imaginez être hébergés par de parfaits inconnus, que vous quittez trois jours après les larmes aux yeux, en vous promettant de les revoir, tellement les quelques heures passées ensemble ont été riches.

Imaginez prendre le petit-déjeuner avec les enfants d’une famille habitant un quartier populaire un matin, aller au musée avec un jeune couple l’après-midi, passer la soirée à refaire le monde avec des étudiants révolutionnaires, puis la suivante dans un bar branchouille avec des trentenaires colocataires qui viennent de lancer leur propre boite de comm’.

Imaginez que chacune de ces personnes vous fassent découvrir “sa” ville, ses coins favoris, ses lieux secrets, ses caves à concert ou ses bibliothèques à recoins.

Imaginez d’avoir tellement envie de faire partager ça en retour que vous songiez à déménager dans un appartement plus grand.

Imaginez que vous ne puissez plus envisager de voyager autrement, voir que vous vous demandiez si vous avez déjà vraiment voyagé avant ?

Ca existe. C’est du couchsurfing.

Pour devenir couchsurfer, il faut s’inscrire sur le site. C’est gratuit, et rien n’est obligatoire. On peut ne pas avoir de canapé à prêter, et s’inscrire quand même (il y a une option : “je suis juste libre pour prendre un verre”). On peut ne pas avoir l’intention de voyager, mais juste de recevoir. On peut aussi avoir le temps et le canapé disponibles, mais pas le moral adéquat le jour où on est sollicité par un voyageur, et dire juste (gentiment) que cette fois-là, ce n’est pas possible. On peut mettre sa photo, ou pas. On peut se faire des amis, ou pas (mais c’est plutôt difficile).

Ca me manque un peu d’ailleurs !

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Si je pouvais me mettre en congé de moi

Depuis quelques semaines, le quotidien s’empoisonne dans l’angoisse et l’insomnie.

La faute à la maladie de ma mère. La faute à son traitement. A ses larmes d’épuisement parfois au téléphone, à son découragement, au soutien que de si loin je ne sais  comment lui apporter.

Hépatite C. Ca n’a pas l’air si grave, sauf que le traitement, sur un an, est très lourd. Une injection par semaine, des médicaments à tous les repas. Interféron et ses dizaines d’effets secondaires : fatigue intense, anémie et dépression en tête.

Pour lutter contre tout ça, de nouveaux médicaments : somnifères, antidépresseurs, E.P.O.  Et la pensée qui ne me quitte pas, “ils me l’empoisonnent” …

Mon chemin vers l’écologie m’a fait prendre du recul envers la médecine allopathique. Je ne la renie pas en bloc, je la sais indispensable parfois. Mais la médecine qui combat l’effet secondaire d’une autre me fait peur. Mais la fatigue de ma mère, et l’espoir total, enfantin, qu’elle met dans l’ajout d’une pilule à prendre,  me font craindre le pire sans pouvoir le formuler.

Je m’épuise dans des combats insignifiants, me lever, ranger chez moi, aller au travail. Malgré le bonheur à mes côtés, il me semble souvent que je sombre, épuisée d’être épuisée. Coquille vide sans plus rien à donner, même à elle. Je passe mon temps à chercher le repos, à faire une place pour accueillir l’énergie dont j’ai beoin. Ni l’un ni l’autre ne viennent. Pas le temps pour les autres, je ne vis qu’autour de moi, autour de ma mère. Le reste du monde n’existe que par miracles éphèmères, il ne me touche guère, trahisons infimes et grandes joies m’effleurent sans toucher l’âme, presque toujours.

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