Archive pour octobre 12, 2007

Affolement dans les flux

Cher petit blog,

Tu m’agaces. Cela fait trois ans et quelques que, cahin-cahant (c’est joli comme expression ça, cahin-cahant, tu sais d’où ça vient ?), on fait un bout de route ensemble. D’abord je t’ai caché, il n’y avait que le Taffreux et des anonymes (en fait ils avaient des noms, mais je connaissais que leurs pseudos) qui te lisaient. Je me cachais aussi derrière toi, je faisais ma légère, ma rigolote, ma cynique parfois, ma grande fille toute simple qui s’étonne d’être compliquée.

Puis comme tu étais quand même très moche, je t’ai déménagé, sur les conseils de Julie. Dans cette deuxième peau, tu as pris un peu plus tes aises, tu as bourgeonné de recettes de cuisine, de billets à vocation humoristique, de tranches de vie, de paroles de chansons. J’ai rencontré des vrais gens derrière les anonymes, ils m’ont apprivoisée, certains se sont ancrés dans ma vie, d’autres sont repartis et certains me manquent, mais je suis joyeuse de tous. Et puis, à un moment, des pas-anonymes ont eu mon adresse (pas parce qu’ils sont futés, parce que je leur avais donnée).

Dans le même temps, ma vie a tremblé, et j’en ai parlé, alors que jusque là, malgré les apparences, je n’avais pas franchi la porte de ma propre discrétion. Tu es devenu un intime, un confident au lieu d’être juste le copain qu’on voit dans un café. Je t’ai beaucoup dit de ce qui me déchirait, de ce qui m’illuminait aussi. J’ai parlé de rupture, d’amour, de chagrin, de peurs.

Comme je ne pouvais pas tout dire non plus, j’ai ouvert un blog secret, pour les billets les moins avouables. Puis je me suis sentie mal de tout ce débordement et je t’ai abandonné.

Par quatre fois j’ai été encore infidèle, sur quatre blogs différents : sur l’un je parlais écologie, sur un autre Toulouse, sur les restants d’un peu de tout. Mais je ne te retrouvais pas, tu me manquais un peu, et je me sentais dispersée. Je t’ai retrouvé, nous avons déménagé. Et c’est sur un autre ton que nous avons renoué le dialogue, un ton plus écrit, moins ouvert à l’autre.

Tu m’agaces, donc. Je t’aime bien, tu fais un peu partie de moi,  mais je te trouve un peu snob, un peu hautain. Et puis tu ne me laisses jamais en placer une sur ce qui me touche au plus près : mon boulot de professeur-documentaliste, mon engagement d’objectrice de croissance, le combat antipub …

Je ne vais pas te fermer encore une fois. Nous allons sans doute déménager, puisque l’ami Mille-Pattes m’a concocté un design qu’il est trop bien (oui et je dis “qu’il est trop bien” si je veux, décoince toi un brin), mais avant ça, et après aussi, on va de nouveau parler écologie, militantisme, éducation aux médias et tout le tintouin. Et je vais de ce pas (enfin le prochain, parce que là, je devrais être en train de bosser une séance sur la lecture d’image justement) récupérer à droite et à gauche les billets de mes autres blogs qui en valent la peine, avant de les détruire.

Cher blog, j’espère que tout cela te plaît. Moi, je suis enthousiaste.

Je t’embrasse le pixel,

zelda.

Commentaires (8)