Archive pour octobre 1, 2007

La soupe à l’engrais

Un petit fumet de soupe à la grimace …

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Cocon

Au retour de jours douillets … Deux jours et trois nuits dans la chaleur de ses bras, pas mécontents au fond des trombes d’eau qui excusent notre envie de rester entre ces quatre murs. Deux jours et trois nuits de murmures, de silences, d’éclats de rires et de chansons à deux voix ; des heures devant nous, pour, alanguis, se laisser rêver à nos projets, pour que la cuisine mijote, que le pain lève, que les sucs se mélangent et réduisent … Des heures où rien n’est crucial sauf le contact de nos peaux, où rien n’est urgent sauf le désir et les baisers, où l’on oublie le temps pour mieux le savourer.

Je sais bien que ce n’est pas ça ma vie.
Non : je sais bien que ce n’est pas que ça ma vie. Que je dois me porter vers de plus amples projets que cette tendresse, que le repos miraculeux que m’offrent ses bras, que les plages de merveilles tout contre son torse … Je sais combien il est dangereux de se laisser aller à une telle douceur, à une telle langueur, à l’intimité comme idéal. J’ai déjà sacrifié un amour pour l’apprendre.
Je sais qu’ici sont ma halte et mon repos, l’endroit où je nourris mes forces, où je cisèle mes volontés, mais que le combat vital est ailleurs. Que je dois sentir ma colonne vertébrale, et non m’appuyer sur la sienne, si solide et amicale soit-elle. Je sais que notre vie à deux saura être plus que cela seulement, qu’elle franchira le cadre accueillant de notre amour à tous les deux pour aller vers. (Vers quoi ? Je n’en suis pas bien sûre encore)
Je sais aussi qu’il me faudra trouver mes chemins, à côté des siens et non dans ses ornières, qu’il nous faudra être vigilants, y consacrer autant d’énergie que nous nous donnons de tendresse.
Je ne sais pas si tout cela aura lieu, mais je crois que c’est possible. Et que l’escale de ces deux jours et trois nuits est de celle qui ne promettent rien mais permettent tout aux lendemains.

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