Archive pour septembre 29, 2007

Regimbe

Un jour
Un jour je m’attendais moi-même
Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
Pour que je sache enfin celui-là que je suis

[...]
Un jour je m’attendais moi-même
Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes
Et d’un lyrique pas s’avançaient ceux que j’aime
Parmi lesquels je n’étais pas

(Guillaume Apollinaire)

Je parlais ici des signes. Il en est un, le plus insistant, que j’ai tu.
Depuis quelques mois, et de plus en plus, le murmure me dit de faire attention à ce que je dis, à mieux peser mes mots, à ce que “ma parole soit impeccable”. A arrêter de me cacher derrière les moqueries, l’ironie facile, le bavardage. A rendre à mes mots leur poids et leur sens, à ne pas les disperser, les gâcher dans leur multitude. Et aussi, de laisser plus d’espace à la parole de l’autre, quelle que soit le contexte, à la fois d’écouter vraiment ce qui se dit, et me mettre en recul par rapport à ce qui est dit, distinguer ce que l’on me donne et ce que cela provoque en moi.
Avancer sur le chemin de la communication non-violente. Me centrer, me solidifier, m’ancrer en moi-même, pour pouvoir laisser enfin leur place pleine aux autres, ne pas me sentir envahie par le trop-plein de leur présence, ne pas m’en protéger maladroitement.

Je sens que je progresse sur ce chemin, que je vais passer bientôt une étape. Et comme cela arrive souvent au tournant d’un parcours difficile, alors que jusque là ma progression, même éprouvante, était continue, tout d’un coup tout regimbe et s’hostile, je régresse et prends des coups, et plus grave, autour de moi mes proches aussi retrouvent ou découvrent la mordeuse plaintive que je fus.

Tenir, encore un peu … Garder le cap. Et espérer ne pas faire trop de dégâts, ne blesser vraiment personne, et arriver plus entière au lendemain.

(Parfois, cette écriture en demi-tons me pèse. Bientôt peut-être, je parlerai plus clairement des lectures qui me guident vers là où je crois que je m’attends)

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