Archive pour septembre 26, 2007

Une crise d’angoisse

Avant que quiconque “de-la-vraie-vie” ne s’inquiète, je vais très bien, à l’heure où j’écris je suis même légère.

Je voudrais parler des crises d’angoisses, parce que je devine que cela peut être difficile à appréhender par ceux qui n’en ont jamais eues. Cela fait maintenant six ou sept ans qu’il m’arrive d’en être submergée, rarement, quatre ou cinq fois l’an.

Même si je peux reconnaître une situation ou une période comme potentiellement angoissante, une crise me prend toujours pas surprise. Une crise d’angoisse n’est pas du stress : je suis aussi quelqu’un de stressé, et avant une intervention orale ou un examen je peux être vraiment nerveuse, mais ce n’est définitivement pas de même nature. Ce n’est pas non plus de l’angoisse très prononcée, mais bien une crise, c’est-à-dire quelque chose qui me terrasse et me paralyse presque.

La dernière crise qui m’a traversée a eu lieu alors que je téléphonais à quelqu’un. Si la raison de l’appel était bien une inquiétude, et c’est bien une réaction malheureuse qui a déclenché cette crise, ni l’inquiétude ni la réaction ne sont les causes de la crise. Je ne connais pas les causes d’une crise d’angoisse. Je sais juste que pendant ces moments-là, je suis, sinon immobilisée, du moins très ralentie, comme stupéfaite. Je pleure le plus souvent, sans pouvoir empêcher les larmes de couler, sans sanglots. Il arrive aussi que mon regard se fixe et que j’ai du mal à détacher les yeux de ce que je vois. Je dois avoir l’air halluciné.

Ce qui se passe en moi est bien plus difficile à décrire. Je m’en rapproche en évoquant un sentiment d’impossibilité globale. Un besoin de fuir et une incapacité à bouger. Je suis, plus ou moins, clouée sur place.

Je ne connais pas de remède sûr à une crise. Il me semble parfois que parler ou écrire hâte la fin du calvaire, mais je n’en suis pas certaine.

Que peut-on faire quand quelqu’un de proche subit des crises d’angoisse ? Je n’en sais rien. Le faire parler, le laisser se taire, être là. Surtout être doux. Tout peut blesser quand on est vulnérable à ce point. Et savoir qu’une crise d’angoisse passe, et ne laisse pas plus de trace, une heure après, que la volée de marche qui a essoufflé sur le coup.

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