Pourquoi ne l’ai-je jamais appelé ainsi ?
Charlie Chaplin, Monsieur Malaussène, ange, faune, il a eu tous les surnoms des hommes-enfants nés de la grâce et du hasard, mais pas celui-là.
Ce n’est pas qu’il refuse de grandir, c’est que l’émerveillement et une sincérité un peu grave le maintiennent au seuil de l’adolescence, juste avant la gaucherie. Il peut être blessant, quand son innocence déborde, mais la cruauté lui est étrangère, intimement incompréhensible.
Lui aussi vole des baisers sans l’avoir voulu, sans même le voir. C’est comme ça qu’il m’a ravie, par erreur ou par étourderie. J’ai croisé sa route.
Egoïste ? Non. Mais centré, apprenti habitant de notre monde et de son propre corps, qu’il semble trouver un peu mal ajusté, un peu trop grand, trop lourd pour son éclosion toute neuve.
Et dans cet enfant, tout ce que j’espère d’un homme …