Il y a celui qui devine, a la façon à peine entr’aperçue dont je m’agite, que je suis tourmentée et qui vient m’en demander les raisons, partager son expérience, donner des conseils que je ne saurais suivre mais dont l’amitié apaise mes bleus.
Il y a celui qui me demande pourquoi je le fixe, et comme je ne peux lui répondre qu’un autre me manque et que je le cherche dans chaque beauté que je vois, je souris en détournant mon regard.
Il y a celui qui s’étonne quand je lui dis que je n’ai pas la télé, et que je pense que la croissance n’est la solution à rien, mais une partie du problème. Et qui me propose d’en parler autour d’un sandwich végétarien, ayant compris que le MacDo n’était pas une option.
Il y a celui, inattendu, qui est là à trois heures du matin, et que je connais à peine et à qui je confie beaucoup. Et dont l’humanité me fait du bien.
Il y a le guitariste qui me regarde de haut quand je lui demande de jouer du Dionysos, puis dont les yeux s’adoucissent quand je l’accompagne sur Brassens, Higelin, Renaud et quelques vieux blues. Qui me prête son bonnet quand la pluie nous surprend et nous chasse, et à qui j’arrache la promesse d’écouter certains titres du groupe.
L’amitié des garçons me manquait.