Archive pour juin 15, 2007

La joie, le bonheur et la tristesse

La modernité véhicule une idée du bonheur qu’on identifie platement à l’hédonisme ou au bien-être… C’est une définition très pauvre, négative et assez fade, qui résume le bonheur à l’absence de tristesse, à la négation de tout ce qui contrarie le plaisir. La grande, l’infinie différence entre le bonheur et la joie tient en ce que la joie intègre les malheurs, les peines, les difficultés que le bonheur exclut. Être joyeux, c’est assumer la tristesse. Être heureux, c’est la récuser, croire qu’on peut (et qu’on doit) vivre sans elle. Le bonheur est belliqueux, la joie fait la paix.

(…)

Le travail de la joie consiste à ne pas nier la tristesse mais à l’assumer.

Alexandre Jollien, Dialogue avec Bernard Campan, Philosophie Magazine, mai 2007

 

Je découvre la joie au coeur de mes tristesses, la joie d’être en ce monde qui est magnifique autant qu’il est laid. Un bonheur soluble dans la peine est constamment en danger ; la joie vaillante au creux de moi n’est menacée d’aucun deuil. Rien ne peut m’être enlevé des vrais joyaux sur mon chemin, et les absences n’effacent pas les rencontres.

Non, la joie ou le bonheur, ce n’est pas que tout aille bien, ce n’est pas être sans faille et sans manque. Au sein de ma peur, à un souffle près de ne plus cotoyer celui que j’aime, mille fois pourtant il y avait de la joie sur le chemin.

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