(Ceci est une lettre que j’ai imaginée écrire pour Sa Sérénissime Morue. N’ayant pas l’audace nécessaire pour lui envoyer, je me sert éhontément du Ouébe.)
Très chère Morue,
Oui, je sais, tu es énervée. Ca fait des mois que je ne donne pas de nouvelles, pas un textotito, pas un petite lettrounette, même pas un coup de bigophone ou un mail de rien du tout, et voilà que je débarque avec mes gros sabots en forme de “Très chère Morue”. Je te vois froncer les sourcils, arrête donc, t’es plus jolie quand tu souris. Tu es énervée, donc, et force est de reconnaître que tu as quelques raisons de l’être : je t’ai lâchement abandonnée (non sans avoir sifflé un peu de ton muscat au baptême de ta fille) avec une enfant en bas âge. C’est mal de ma part, dis-tu, et c’est pas comme ça que je vais gagner mes galons de marraine criquette – ah tout de suite tu tentes de me culpabiliser …
Et si je te signale, Ta Sérénissime, que tu n’es pas la seule à avoir subi ce sort, mais que tous, amis, parents, alliés, ont été délaissés depuis bien des mois, tu vas te rebiffer et me répondre que tu n’es pas n’importe qui pour être mise dans le même panier que tous. Bien sûr tu n’as pas tort, mais ce n’est pas juste envers mes Tous, ce que tu dis, qui eux non plus n’entrent dans aucun panier. Grand bien leur fasse s’ils acceptent ce traitement, lances-tu … Toi, tu te connais plus de valeur.
Mais là, Ta Grandeur, ma loyauté à ton égard surpasse ma modestie devant ton Excellence, et je dois te rappeller que je ne suis pas n’importe qui, non pluche. Que je suis même à ce jour ton unique chance un peu sérieuse que ta boîte d’éditions remporte un Goncourt.
Alors merde, si c’est pas pour moi que tu me pardonnes, fais-le pour l’art. Et le fric.
Je vous embrasse fort tous les trois.
zelda