Je viens de finir un petit-grand livre, l’ABC de la simplicité volontaire, de Dominique Boisvert.
Petit par son nombre de pages, la simplicité de son verbe, sa volonté de modestie.
Grand par son ambition, sa justesse. Tout ce qu’il fait résonner en moi (on se croirait sur la ligne simple !)
Par exemple :
Vivre simplement veut d’abord dire vivre consciemment. Et pour cela, prendre le temps de s’arrêter pour se demander “Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Quels sont mes objectifs ? Mes priorités à moi ? La vie que je suis en train de mener correspond-elle bien à tout cela ?” […] C’est le sens premier de volontaire dans la SV : identifier ce que je désire réellement, ce à quoi je tiens personnellement, pour ensuite ajuster ma vie extérieure à mes choix intérieurs. La simplification extérieure, qu’elle qu’en soit la forme ou le domaine, devrait toujours être le fruit ou la conséquence de choix intérieurs identifiés consciemment, et non pas un objectif en soi.
Cette cohésion, je la ressens dans beaucoup des blogs que je lis : Caco, Mema, pour ne citer qu’elles …
Mais moi, je sens bien que je me disperse. Que je suis dispersée.
Quelques lignes plus tard, l’auteur propose un exercice tout simple pour connaître sa priorité : gagner au loto (bon, d’accord, imaginer que c’est le cas) :
Allez-vous, après quelques semaines ou quelques mois de festivités, reprendre à peu près la même vie qu’avant ? Ou allez-vous (enfin !) pouvoir changer bien des choses dans votre vie actuelle qui ne correspondent pas vraiment à vos besoins, à vos valeurs ou à vos désirs ? Si tel est le cas, quels seront les changements prioritaires ? Et qu’est-ce qui vous empêche de commencez dès maintenant ?
Puis un autre exercice sur le même thème, en moins réjouissant : supposer qu’on se sait condamné à brève échéance, que ferais-t-on du “temps qu’il nous reste” ?
Aux deux exercices, la même réponse, lumineuse. Je veux écrire. Je veux écrire pour savoir si je saurais écrire. Je veux m’y consacrer, je veux y donner tout mon temps. Je veux n’avoir rien d’autre à faire de mes journées pour ne pas avoir l’excuse facile d’un travail à plein temps, d’un amour à distance, d’engagements dans diverses associations, d’amitiés précieuses à faire vivre, d’un cheval à canassonner … pour remettre à plus tard la confrontation avec l’écriture.
Mais :
j’exerce un travail à plein temps (et à deux heures de chez moi),
l’homme que j’aime vit ailleurs, et le temps passé ensemble est nécessaire et sublime,
j’ai besoin de m’engager (je n’ai que trop été dégagée)
je ne veux plus jamais négliger quelqu’un que j’aime, même pour les meilleures mauvaises raisons du monde,
et mon cheval est quelqu’un que j’aime.
Oh, la discordance …
L’ABC de la simplicité volontaire, de Dominique Boisvert, Editions Ecosociété (Montréal), 2005. A faire acheter d’urgence par vos médiathèques !